J’ai 30 ans, et voici mes 30 livres préférés

Photo Flora Battesti

Je le voyais arriver à grands pas, cet anniversaire. Ah la la, la trentaine, la fin d’une décennie, qu’on le veuille ou non, on a quand même envie de jeter un oeil dans le rétro (et de câliner le soi d’il y a dix ans, en lui assurant que si, ça va vraiment aller).

J’ai eu de la chance, j’ai passé une soirée pas trop mal pour ma der’ de la vingtaine. Doux euphémisme pour qualifier cette soirée de rêve : j’ai trinqué au Goncourt d’un livre qui est devenu l’un de mes préférés. Je vous en ai déjà rebattu les oreilles plus d’une fois.

Et maintenant que la trentaine débute, ok ça fait un trimestre, mais à l’échelle d’une décennie, c’est comme une goutte d’eau dans l’océan, non ?, j’ai bien envie de prendre le temps de dresser la liste de mes livres qui m’ont accompagnée tout au long de ces trois décennies.

L’heure du choix

Alors, évidemment, je ne pourrais pas tous les nommer. Mais je peux prendre le temps de vous dire quels ont été mes préférés. Et parce que j’aime l’ordre, pour mes 30 ans, c’est de 30 livres dont je veux vous parler.

Je pensais que cet article de blog resterait en brouillon plusieurs semaines. C’est vrai quoi, on ne choisit pas à la légère les étendards de ses 30 années de lecture (ou presque). Je pensais avoir besoin de temps, pour que des livres triomphent de batailles mentales.

Ca n’a pas été le cas. J’ai identifié les 30 livres en deux minutes. Il y a une forme d’évidence.

Il y a des livres que je n’ai pu me résoudre à jeter, que je traîne de la maison familiale à la mienne, en les ayant fait passer de studios d’étudiant, en colocations et micro appartements de jeune active.

Ne cherchez pas de sens. Cette liste est un pêle-mêle de livres qui m’ont marquée, que j’ai lu et relu des dizaines de fois ou qui m’ont touchée, en m’apportant mille émotions ou un grand moment de plaisir.

Il n’y a pas de thématique, pas de fil rouge, pas de volonté de représenter tel ou tel genre, telle ou telle époque. Dans cette liste, il n’y a que la sincérité.

Les livres sont classés par ordre (approximatif) de lecture. Des premiers aux derniers lus.

La liste

Les malheurs de Sophie, de la Comtesse de Ségur

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai autant aimé ce livre quand j’étais enfant. Sans doute parce que j’étais très sage et que cela me permettait de vivre des bêtises par intermédiaire.

Dix kilos en trop, de Jacqueline Wilson

Un livre lu des dizaines de fois au début de l’adolescence qui m’a aidée bizarrement à appréhender ce nouveau corps. J’ai un pincement au coeur pour la fille de douze ans qui le lisait.

Anne et la maison aux pignons verts, Lucy Maud Montgomery

Un livre que lu, relu, rerererererererelu. Why ? Sans soute parce que le personnage est hyper attachant, et qu’on se reconnaît dans sa volonté désespérée de vivre une vie romanesque eet qu’il y a une certaine fascination à se reconnaître à un personnage qui a un ou deux siècles de plus que soi quand on est jeune.

Les 4 filles du docteur March, de Louisa May Alcott

Un classique de la littérature américaine, que j’avais adoré, voulant être évidemment Jo, la soeur souhaitant écrire et vivre de sa plume.

Harry potter, de J.K. Rowling

Je me trouve très chanceuse d’avoir grandi en même temps que cette saga, qui est ultra présente dans nos vies. Tout le monde connaît Harry Potter, et ses aficionados forment une vraie communauté. Fascinant, non ? A-t-on un autre exemple ? Et j’ai aimé parce que cette saga m’a permis de faire la différence entre le bien et le mal, d’identifier le juste et pour ces quelques phrases qui ont eu un impact énorme chez moi : « Bien sûr que ça se passe dans ta têteHarry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n’est pas réel ? »

L’Assommoir, de Zola

Le premier « classique » que j’ai aimé. Je l’ai lu volontairement (je vous jure), sans contrainte (même pas celle d’une lecture obligatoire), et j’ai adoré. Je voyais les scènes se dérouler sous mes yeux, j’ai été immergé dans ce Paris d’hier, frappée par le mélange entre conditionnement et libre arbitre.

Le malade imaginaire, de Molière

Un après-midi d’ennui, un vieux carton dans le grenier plein des livres d’école de mes parents. Des rires assise en tailleur au pied du carton, cette pièce dans les mains.

Le journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

C’est drôle, et ça permet de relativiser. Un classique !

Madame Bovary, de Gustave Flaubert

Sans nul doute, le personnage le plus clivant de cette liste. Je vous avais dit mon amour pour elle, je le répète ; je suis, moi-aussi, Madame Bovary ; une femme mourant d’envie d’avoir une vie romanesque.

Les Fleurs du mal, de Charles Baudelaire

J’hésite toujours entre Beaudelaire et Baudelaire, même après des années à étudier la littérature, allez savoir pourquoi, mais je n’ai jamais oublié le choc ressenti en lisant ces poèmes, qui non content de mettre en littérature ce qui ne l’était pas, l’associe à la poésie, et d’une certaine manière, au Beau.

La Princesse de Clèves, de Madame de Lafayette

Un lecture de lycée qui m’avait subjuguée, de par la distance entre la puissance des sentiments racontés et la mise à distance que provoque le style. Merci à mon professeur V. T. de me l’avoir fait découvrir.

Antigone, de Jean Anouilh

Faire le bien, faire le juste, faire par amour, envers et contre tout. Quelle leçon, merci Antigone.

Jacques le fataliste, de Diderot

Pour la première fois, j’ai lu un livre où l’on s’adresse directement au lecteur, qui devient un personnage, une sorte de compagnon de route. Magique.

Huis clos, de Jean-Paul Sarte

De là est né mon amour des huis clos, et devinez quoi, je n’en ai jamais lu de meilleur.

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

Un des rares livres qui ont réussi à me faire pleurer. Profondément touchée par cette histoire d’amour pleine de folie.

Chanson douce, de Leïla Slimani

L’un des romans qui m’ont permis de m’ouvrir à la littérature contemporaine. Cet incipit de malade m’a longtemps fasciné : ainsi il est possible de dire la fin avant le début et pourtant de maintenir un intérêt et un suspens.

Charlotte, de David Foenkinos

Un roman en vers merveilleux sur une peintre juive vivant en Allemagne. Il m’a bouleversée.

Des orties et des hommes, Paola Pigani

J’aime dire qu’il ne se passe rien dans ce livre. Ce n’est pas tout à fait vrai, mais je crois que ça me permet de dire que je l’ai aimé pour sa poésie plus que pour l’histoire. Interview de l’autrice ici.

Frida, Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Un album jeunesse sur cette peintre qui raconte un peu sa vie et beaucoup son oeuvre. Il y a des jeux de découpe et les tableaux revisités par Lacombe sont superbes.

Les Simples, de Yannick Grannec

Une histoire sur l’amour des plantes, utilisées par des Soeurs dans un couvent. Simple et beau.

Peau d’homme, d’Hubert et Zanzim

La seule BD/ le seul roman graphique de cette sélection. J’ai aimé l’histoire et la façon dont les cases sont agencées et communiquent entre elles.

Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka

Un roman qui raconte l’histoire de Japonaises parties épouser des Japonais installés aux Etats-Unis. Le livre est écrit à la première personne du pluriel, ce « nous » l’histoire de chacune d’elles et leur histoire à toute. Remarquable.

Circé, de Madeline Miller

Ahh les mythes et légendes de l’Antiquité. On est baignés dedans, on les connaît, parce qu’ils ont été raconté de mille différentes façons. Et pourtant Madeline Miller est une voix nouvelle, livrant des récits emprunts de féminisme et de modernité.

Tristan et Iseult

Une histoire que je connaissais sans l’avoir lue, jusqu’à ce jour béni où j’ai découvert un texte plein d’aventures et d’humour.

Le Bureau des jardins et des étangs, de Didier Decoin

Je ne suis pas fana du Japon, mais j’ai été touchée par la poésie du voyage de cette femme, il y a quelques siècles, sorte de mission à accomplir pour l’empereur et pèlerinage pendant lequel elle cultive le souvenir de son mari décédé.

L’élégance du hérisson, de Muriel Barbery

Deux personnages formidables, et voilà un livre inoubliable.

Le bal des folles, de Victoria Mas

Une plongée dans la Salpêtrière, et découvrir que la folie n’est pas là où on le pense, mais que les femmes en sont les premières victimes.

A la ligne, de Joseph Ponthus

Un roman en vers, ils ne sont que deux dans cette liste, qui donne une poésie à la mécanique des machines dissimulées par les grands bâtiments des industries.

Veiller sur elle, de Jean-Baptiste Andrea

Comme je vous le disais plus haut, je vous en ai tellement rabattu les oreilles, que je me contenterai de vous afficher ce lien vers ma chronique sur cette merveille.

Alors, vous pensez quoi de cette liste ? Vous auriez mis quoi vous ?

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